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#1  14802

athina
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On ne peut se répondre directement sur ce site, ou bien je n'ai pas compris la manoeuvre... je prends ce biais pour te dire que les médicaments ne te feront certainement jamais retrouver ton tonus et ta vitalité!! J'ai subi, quand je vivais à Quimper, seule après une rupture douloureuse, les affres de la dépression. Je suis devenue, dans un premier temps, dépendante de mes lexomils. Je n'avais plus envie de rien d'autre que de m'avachir devant la télé, aller au cinéma. J'étais vide de tout. Quand cette sensation de vide (le week end surtout, c'est vrai!) me prenait, je picolais seule chez moi, une fois défoncée, je remplissais à raz-bord la boîte à message du portable de mon ex. Le lendemain, je n'avais même pas honte...

Heureusement, cet état dépressif qui avait eu pour origine une histoire d'amour désastreuse (avortement à la clef, alcoolisme, violence), n'a duré que quelques mois. Ma soeur m'a un soir convaincu de laisser mes lexo, d'assumer la souffrance en tant que telle. Elle n'est pas psy du tout, mais son bon sens m'a convaincu. J'ai cessé la médication. J'ai repris le travail en avril, suite à un arrêt qui était dû à la prise de médicament : faire de la route dans le coton dans lequel nous mettent ces saloperies c'est comme rouler à tombeau ouvert! Le travail m'a remis sur rail. Se dévouer aux autres, savoir qu'ils atttendent de vous les compétences dont vous êtes capables, rassurent, redorent l'image du moi. Parrallèlement, j'étais suivie à Morlaix par un excellent psychothérapeute (le ven). Enfin, dernier elément déclencheur, la mort de mon chat adoré. Je l'ai perçu comme un passage vers une autre vie. Je suis alors retournée à Morlaix , où vivait encore mon ex. Je me suis remise avec lui, pour expurger l'histoire, la vider une bonne fois pour toutes. Ca a marché : au bout de quelques semaines, je me suis rendu compte que cette histoire était finie, nulle et non avenue, sans plus de consistance. Les souvenirs d'enfance qu'elle m'avait fait revivre étaient identifiés (dépendance à ma mère, désarroi par rapport au constat qu'on ne peut pas être TOUT pour l'autre, au risque de sombrer en tant que sujet, dans le rien, et perdre, de ce fait tout désir, de devenir dépressif). J'ai demandé à mon thérapeute une adresse de psychanalyste car j'ai senti, au fond de moi, que je devais faire le voyage de l'incnscient : trop de questions restaient sans réponse; je savais des choses sur mes parents qu'on m'a toujours reproché d'inventer. Il fallait que j'aille y voir de près!
La psychanalyse, la parole par association libre des idées, l'écoute de mes analystes m'ont été salutaire... et sans médoc! Aujourd'hui, je vis avec quelqu'un qui me convient, avec qui j'ai dû dépasser des contradictions insurmontables en apparence. L'analyse m'a permis de formuler ce qui n'allait pas avec ce nouveau compagnon, de comprendre, lui faire comprendre aussi et surtout!! Le dénouement, au bout de sept ans a lieu : nous attendons un bébé, je reviens en bretagne après six ans d'exil. On pourrait en parler aussi de l'exil. On ne se sens souvent jamais mieux que dans un lieu étranger; et quand on revient chez soi, c'est là qu'on se sent autre à tout. Là, de retour à Morlaix, je ressens une étrange nostalgie de l'avant, comme si mes angoisses me manquaient. La vie humaine est pleine de contradictions. Je sais que ces angoisses dorment quelque part comme des crabes dans les rochers. Mais pour rien au monde je n'y replongerais... Morlaix n'est pas plus mon pays que Lille ou Paris (où je suis née). Il faut apprendre à accepter de perdre les lieux et les gens, les ambiances révolues sont de meilleurs souvenirs quand on a cessé de s'y raccrocher désespérément. Mon attachement à Morlaix est une illusion car le Morlaix d'aujourd'hui n'est pas celui d'hier. Mes angoisses dorment, Morlaix est un autre, je suis une autre et toujours la même. Ma vie se tourne vers la venue de ma fille qui ne sera pas telle que je l'imagine. Je vais devoir la perdre en accouchant, perdre celle de mes rêves, pour accueillir celle qui sera là, ses cris, son odeur.

Apprendre à perdre, c'est la le remède, j'en suis convaincu. Sans perte, pas de relance du désir, pas de surprise, par d'imprévu. Mais notre société capitaliste matérieliste nous sommes de tout garder, de jouir à tout pris, de ne rien lacher, d'accumuler sans fin. On ressemble à des oies gavées qui, si elles perdent un gramme, se désespèrent à en vouloir mourir. Non, assurément, nous devons retrouver le manque, terreau du désir, de la créativité, des fantasmes les plus fous. C'est là qu'est le bonheur : se laisser une marge de manoeuvre, une béance, un espace vide suffisant pour aller de l'avant. Nous n'aurons jamais tout, et c'est tant mieux. Le manque salutaire est devenu, aujourd'hui, synonyme de défaut. On veut du plein et du parfait partout, toujours. Donc, on ne peut que s'uniformiser tous sur le même mode (tous la même déco chez soi, les mêmes avis politiques, plus de différences homme femme, tous les mêmes droits, tous dans les mêmes cases). Pour construire l'illusion du j'ai tout, et j'ai droit à tout, on ne peut que se retrouver tous à la même enseigne, écrasé par l'injonction à la jouissance.
Mon histoire d'amour callamiteuse m'a servi, toute callamiteuse qu'elle ait pu être, elle m'a ouvert les yeux sur la dimension du manque necessaire.

Vous allez vous en sortir aussi, à condition de vous faire accompagner par les bonnes personnes, laisser les médoc de côté, vous retourner sur votre passé, vous questionner sur ce qui vous a poussé à soutenir une femme dépressive. Vouliez-vous être tout pour elle? Sa mère, son médecin? Mes parents vivent sur ce mode : ma mère ne va jamais bien, mon père la soigne. Ils fonctionnent comme cela depuis quarante ans. Mon père se plaint, mais à travaers les symptômes de ma mère, il vit les siens par procuration. C'est peut-être cela que vous aviez essayé de mettre au point, inconsciement, bien sûr!
On ne tombe pas toujours sur les bonnes personnes, celles qui résonnent en vous et consolent, ou frustrent certaines parties de vous. Un couple, c'est une économie. Les manières, le style de l'autre doivent venir combler, toucher, activer des affects en soi. Si ce sont des affects violents, traumatiques, l'histoire ne fonctionnera pas. On transfert sur l'autre sa mère, son frère, son père. On lui demande de trouver les solutions à notre place. Une crise de nerf, une engueulade sévère sont souvent plus constructives, dans un couple, qu'une harmonie morne où tout correspond à la norme : baiser trois fois par semaine, partir en week end, ne jamais se disputer, ne faire qu'un dans un ennui mortel où rien ne bouge ou le désir n'est plus jamais relancé.

Quoi d'étonnant à voir pulluler les dépression, cette crise du désir, cette tendance à vouloir mourrir, puisque c'est la société qui nous uniformise, applanit les différences, et tue dans l'oeuf le désir même, le remplaçant par la satisfaction. On veut à son tour, et c'est bien logique, devenir tout pour un autre, éteindre son désir. Désir rime avec problème, question. On est dans un monde moderne, technologique et sans question. Le sexe tabou posait problème? On en fait un produit de consommation courante, qui ne pose plus de question. Vous êtes célibataire? Il vous manque un homme. Achetez vous sur le net un sex toy, livré en trois jours!! Le sexe n'est plus un problème... mais alors, nous exite-t-il autant dans ces conditions? L'interdit exite, mais le banal, on le consomme sans s'en rendre compte...

Excusez ce discours qui n'en finit pas. Je voulais vous faire part de ce que la vie, la dépression et la psychanalyse m'ont appris à considérer le plus franchement possible.

Bonne continuation, tenez bon, vous ne vivez pas tout ça pour rien! La dépression est une question profonde qui se pose à nous et à notre désir. Ce dernier est un trésor à ne surtout pas formater. Mefiez vous des médec qui le feront taire, des psy comportementalistes qui chercheront à l'adapter à la société en faisant fi de sa spécificité, de son histoire, de votre histoire.

Vous pouvez lire Soleil noir de Julia Kristeva. C'est un texte qui concerne la depression féminine. Comme vous aviez l'air de dire que votre ex vous avait, en quelque manière, transmi sa depression, cela vous parlera sûrement, même si vous êtes un hommes, vous avez été touché au fond de vous par une femme qui souffrait de ce mal.

Je vous souhaite bonne route!

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#2  14807

Re: réponse à stephquimperlé

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