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Fraternité : Sexualité : mon corps m'appartient !
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Fraternité : Sexualité : mon corps m'appartient !

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Manon
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Fraternité : Sexualité : mon corps m'appartient !

En dépit de la libéralisation des mœurs, de la généralisation de la mixité et des progrès réalisés pour l’égalité des sexes, les tenants de l’ordre moral imposent encore à la société leurs conceptions rétrogrades des rapports entre les individus. Cette problématique sera abordée lors de la quatrième édition de « Fraternité, les rencontres de la laïcité, de l’égalité et de la mixité », le 5 décembre à 20h.

Si depuis Mai 68 les femmes peuvent disposer librement de leurs corps, elles doivent encore faire preuve de vigilance à l’égard de traditions dégradantes qu’on souhaite parfois leur imposer. Ces remises en cause suscitent l’inquiétude des militantes féministes qui se sont battues pour l’émancipation des femmes. En outre, la désaffection croissante de femmes pour le féminisme n’encourage guère à l’optimisme les militantes de la première heure. Ainsi, Benoîte Groult, romancière, essayiste et féministe, regrette avec amertume que de moins en moins de femmes se déclarent féministes : « Elles pensent que le féminisme appartient au Moyen Age. A toutes celles qui vivent dans l’illusion que l’égalité est acquise, je voudrais rappeler que rien n’est plus fragile que les droits des femmes. Il existe de nombreux pays où les femmes ont obtenu des droits qu’elles ont ensuite perdus en raison de changements politiques ou religieux. Les Algériennes, les Iraniennes, les Afghanes et tant d’autres qui avaient goûté aux premiers fruits de la liberté ont été condamnées à disparaître sous le voile du silence. En Europe aussi, des régressions ont frappé les femmes. Après la chute du Mur de Berlin, les Allemandes de l’Est ont vu disparaître du jour au lendemain leur droit à l’avortement et leur système de crèches en se soumettant aux lois plus conservatrices de l’Allemagne de l’Ouest ».

Une nécessaire éducation sexuelle
Dans ce contexte de remise en cause des droits des femmes, il n’est pas étonnant d’observer les intégristes religieux harceler des institutions comme les hôpitaux. Ceux-ci sont de plus en plus confrontés à l’intrusion de traditions religieuses ou culturelles rétrogrades qui poussent le corps médical à modifier son comportement éthique. Des femmes atteintes du Sida expliquent à leur médecin qu’elles vont guérir de cette maladie par la prière que leur a recommandée le pasteur de l’Église évangéliste. Des maris refusent de voir leur femme soignée par un homme. Des jeunes femmes demandent de faire une reconstitution de l’hymen pour apparaître vierges devant leur futur époux. Le Docteur Hugo Godoy, gynécologue dans les hôpitaux Saint-Pierre et d’Ixelles, a été confronté à de nombreuses reprises à des exemples de ce genre. C’est la raison pour laquelle il s’interroge avec perplexité sur la réelle possibilité qu’a la femme de disposer librement de son corps. « La sexualité : mon corps m’appartient ! Oui, mais quel corps appartient à la femme ? Le sien ou celui qui est la propriété de son mari ou de son futur mari qui exige celui d’une vierge ? Comme toujours, le corps de la femme appartient à l’homme ou à la famille. L’individu disparaît au profit du clan. La force de la structure patriarcale, au sein de laquelle l’individu n’existe plus qu’au sein du clan, entre en conflit avec le respect des droits de l’homme et des libertés individuelles », constate-t-il.
Le poids des traditions religieuses et culturelles se fait sentir également auprès des adolescents qui ont dans ce cas du mal à s’approprier leur corps et leur sexualité. C’est ce qui incite la psychologue Claire Oger à résumer la situation des adolescents par la formule suivante : « Mon corps m’appartient, mais pas si aisément que cela. Ils sont en effet tiraillés entre une société très libre et une structure familiale marquée par la tradition qui se manifeste parfois violemment. En outre, quelles que soient leurs origines culturelles, les adolescents sont confrontés de plus en plus à une surstimulation sexuelle par les médias. Cela crée inévitablement les conditions d’une sexualité chaotique, qu’elle soit insensibilisée ou violente ». La complexe et nécessaire éducation sexuelle revient alors à la surface. « Elle devrait en fait dépasser le stade de la simple information pour aboutir à l’accompagnement des adolescents en les aidant à comprendre ce qu’ils découvrent seuls et trop tôt », estime Claire Oger.

Des avancées fragiles
Cette situation paradoxale caractérise également ce que vivent les homosexuels, gays ou lesbiennes. Depuis la dépénalisation de l’homosexualité jusqu’au mariage des couples homosexuels, l’évolution légale a largement contribué à changer le regard que leur porte la société. En revanche, comme le rappelle Michel Duponcelle, coordinateur de Tels Quels, association des gays et des lesbiennes, « de nombreux problèmes existent encore : la violence à l’égard des homosexuels n’a pas disparu, des parents rejettent encore leur enfant homosexuel et de nombreuses discriminations sont fréquemment dénoncées ». Aux permanences qu’il organise à Tels Quels, Michel Duponcelle reçoit beaucoup de jeunes, tétanisés à l’idée de révéler leur homosexualité à leurs parents. A nouveau, l’accompagnement de ces jeunes apparaît comme une priorité. « Tout ce que je peux leur dire c’est que, quoi qu’il arrive, ils se sentiront mieux après, même si cela doit aboutir à un renoncement et une rupture avec leur famille. Nous devons alors les aider à affronter cette dure réalité à laquelle ils ne pourront pas échapper pour qu’ils puissent tôt ou tard assumer leur homosexualité et s’épanouir », explique-t-il.
L’évocation de ces exemples met bien en exergue la précarité et la fragilité des progrès accomplis lorsqu’il est question de disposer librement de son corps. Pourtant, dans une société interculturelle comme la nôtre, cette question ne peut être évacuée dans la mesure où elle touche à l’intégrité physique et morale des individus. C’est la raison pour laquelle la pérennisation des progrès accumulés depuis 1968 en matière de mœurs et de sexualité nécessite une généralisation de ceux-ci dans toutes les composantes de la société. L’inverse ne peut aboutir qu’à une situation ingérable où des traditions rétrogrades se perpétueront au sein même d’une société libre et ouverte.

***

Liberté, égalité, sexualité
Dans son dernier spectacle, Sam Touzani ridiculise les racistes, les machos et les intégristes religieux en évoquant son parcours personnel. Il propose un antidote pour échapper à tous ces prêcheurs de haine : le Touzanisme, dont la devise est : « liberté, égalité, sexualité ». Si Salman Rushdie est le prophète du Touzanisme, un personnage beaucoup moins connu du public occupe une place essentielle dans ce spectacle : Monsieur El Baroudi, le beau-frère de Sam Touzani. Cet opposant politique marocain lui a donné les outils intellectuels et politiques qui l’ont guidé vers l’universel, sans abandonner ses racines.
« Au contact de cet intellectuel humaniste, j’ai baigné très tôt dans un univers où règnent le militantisme, la culture et l’ouverture sur l’autre. Nous avions une relation particulière car j’étais présent lors de son premier rendez-vous avec ma sœur, j’avais 6 ans », se
souvient Sam Touzani. Monsieur El Baroudi et sa sœur le sensibilisent également au féminisme qui de-meure aujourd’hui le seul combat « qui en vaille la peine » selon Sam Touzani : « Quel que soit le problème posé, on en revient toujours à la condition de la femme. Tant que le problème de l’égalité entre l’homme et la femme n’est pas réglé, rien n’est réglé. C’est pourquoi les hommes doivent mener le combat féministe non pas derrière les femmes ni devant celles-ci, mais à leurs côtés. Dans le spectacle, j’aborde cette problématique sous l’angle des religions qui excluent toujours les femmes en les marquant du sceau du péché. C’est inadmissible. J’ai donc décidé de réhabiliter Eve en lui rendant la place qu’elle mérite. En croquant la pomme, elle nous a menés vers la connaissance et non pas l’ignorance ».

Fraternité. Les rencontres de la laïcité, de l'égalité et de la mixité.
Mercredi 5 décembre à 20h
Centre culturel Jacques Franck
Chaussée de Waterloo 94, 1060 Bruxelles ( Belgique)
Infos et réservations : 02/543.02.70 ou www.cclj.be

Via le site
Regards : Revue juive de Belgique
52, Rue de l'Hôtel des Monnaies
BE-1060 Bruxelles
Belgique 
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Manon

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