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Dommages collatéraux de la violence conjugale-le deuil impossible-
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Dommages collatéraux de la violence conjugale-le deuil impossible-

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Enora
Membre d'honneur
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Dommages collatéraux de la violence conjugale-le deuil impossible-

Comment déceler la violence conjugale ? Quand intervenir sans s’immiscer dans la vie des autres ?
Les dommages collatéraux pour les survivants : comment se pardonner de ne pas avoir « senti » un tel danger ?
vivre avec un tel poids sur la conscience…nous ne sommes pourtant pas les victimes directes, juste des témoins impuissants.

On peut lire, notamment sur ce forum, dois-je lui laisser une seconde chance ? Va-t-il changer ? Quand doit-on réagir ?

Nous on s’est posé la question trop tard, et on vit avec cette histoire qui chamboule la vie de toute la famille
Mon mari est resté dans un mutisme total pendant presque deux mois, j’ai même envisagé de le quitter parce que je ne savais plus quoi penser de notre avenir. Il ne pleure jamais. Ne parle jamais de sa sœur. Il se plonge à fond dans son travail, parfois 70heures/semaine et enchaine en plus la nuit des astreintes.
Parfois il est euphorique et c’est super, et puis sombre dans le silence passe des heures sur des jeux vidéos, ou devant des séries TV, qu’il a maintes fois déjà vu.
Parfois il s’énerve d’un coup, crie exagérément, il a même deux fois cassé un bout de mur en tapant du poing dedans…et là j’ai peur, il me fait peur, il fait peur aux enfants.
je sens qu'il est en souffrance - comment l'aider ?
Quelques minutes après, il est comme si rien ne s’était passé- il est calme et reprend la conversation là où elle était.
Il est très tendu, se coince en permanence le dos, le cou…il a mal au ventre, digère très mal…il ne veut quasiment plus sortir, j’ai l’impression qu’on est resté en suspend, le temps passe, mais le deuil ne se fait pas.

Je lui ai souvent suggéré de rencontrer un thérapeute, mais ce mot le met en colère, et tourne le dos, fuis la conversation.
Je pense qu’il s’en veut, en tant que grand frère, il pense qu’il aurait dû la défendre, mais qu’aurait il pu faire ?

Pour vous présenter rapidement le début de l’histoire, je vous parle d’une jeune femme de 26 ans, qui vit depuis 9 ans avec son concubin, ils ont un adorable garçon de 4ans.
Ils vivent dans une ville historique classée, réputée, bourgeoise…de l’extérieur leur couple est parfait.
Cette jeune femme c’est la sœur unique de mon mari, elle est drôle, pleine de vie, à un tempérament bien trempée, c’est un petit bout de femme qui ne se laisse pas faire, je l’adore comme la « sœur » que je n’ai pas.
Son conjoint un grand fort gaillard de 1.96m, travailleur , volontaire, discret, semble équilibré, aimant-agréable et courtois.
Puis un jour elle nous exprime le fait que son conjoint l’a « bousculé », rien de méchant…il l’a poussé dans le couloir…une autre fois alors qu’elle est penchée dans la baignoire pour se laver les cheveux, il s’énerve pour une phrase de travers, il l’attrape et la balance une nouvelle fois au sol…il ne la frappe apparemment pas, …peut être une ou deux gifles ?!!
Puis lui devient de + en + jaloux, se plaint en permanence de sa compagne, pour tout : leurs rapports sexuels, le ménage pas fait, ses attitudes, ses collègues, il l’a rabaisse sur son physique (2/3 kgs en trop après bb) il l’appelle « grosse vache », elle semble blessée, mais semble s’en fiche un peu puis affiche un sourire… le ton n’est jamais violent, il se plaint simplement ouvertement devant nous, il la critique bcp en public- pour nous : c’est tout ! C’est un couple qui s’aime de moins en moins comme bcp !
Elle prend soin d’elle, s’affine, recommence à sortir entre « filles » trouve un nouveau job qui lui plait bcp , et lui :
Il commence à boire épisodiquement, la harcèle de coup de fil sur son lieu de travail, lors de ses sorties, et là elle commence à avoir peur de lui et nous avoue ne plus l'aimer, elle envisage de le quitter….puis tout va très vite :

Pour  le reste de l’histoire, je cite quelques extraits du texte (trop long) de l’ordonnance qui a été rendu suite à la reconstitution des faits, 7 mois après l’acte…bien sure je ne nommerai personne et ne donnerai aucune date pour préserver l’anonymat des personnes concernées.

« Le dimanche….à 00h, mr C téléphonait aux services de gendarmerie de (ville) pour les aviser qu’il pensait qu’il venait de tuer sa concubine. Sur place, les enquêteurs découvraient à son domicile, allongé à même le sol de la cuisine, le corps d’une femme, sans vie. Les sapeurs pompiers ne parvenaient pas à réanimer la victime.(…)
L’autopsie pratiquée mettait en évidence de nombreuses plaies pénétrantes sur tout le corps de Mlle … ; au total 18 coups de couteau étaient relevés par le médecin légiste, certaines plaies étant consécutives aux gestes de défense  de la victime durant la bagarre, peu avant sa mort….. L’expertise confirmait que la mort était due à une asphyxie provoquée par des plaies pulmonaires par couteau.
(La suite est l’exposition des faits pendant la garde à vue du prévenu)…. voici la scène principale : il précisait qu’alors qu’ils se trouvaient dans la cuisine, il avait voulu l’attraper par le cou. Compte tenu de son refus, il perdait ses moyens, serrait, de derrière le cou de sa compagne, tout deux tombent à terre, Mr saisie une bouteille en verre lui casse sur la tête, elle se débat, puis il saisie un grand couteau et lui porte au moins deux coups. Elle essaye en vain de se protéger et de le convaincre d’arrêter, lui promet qu’ils ne sépareront pas. Elle crie à l’aide. Il ferme la porte de la cuisine pour que son fils qui dormait n’entende rien. Il déclare que tout en étant conscient, il ne parvient pas à se contrôler, portant sans retenue de nombreux coups de couteau…….il parle avec elle puis prend soin de fermer la porte la laisse seule, assise le long du radiateur, les yeux ouverts, il avise ses propres parents  par téléphone, puis s’absente dans le salon pour fumer seul, ensuite il retourne porter d’autres coups pour la tuer et éviter les ennuis si elle devait survivre à ses blessures. ( ?!!)
Une voisine entend des cris de douleurs, des pleurs et des appels au secours…puis rien. ( donc elle ne fait rien)
Il adopte une attitude calme dans l’attente des secours, il ne lui porte en aucune façon secours lui-même.
Les pompiers confirment la mort de Melle...qui s’était vidé de son sang. Ces derniers sont surpris par le comportement de son concubin qui très calmement et sans émotion, leur avait demandé, alors qu’ils tentaient en vain de la réanimer, une bouteille d’eau et le paquet de cigarettes qui se trouvaient dans la cuisine…
Durant sa garde à vue il est serein, ne présente aucune émotion ou sentiment de regret, même à l’annonce des 18 coups de couteau recensés.(...)


Le petit garçon dort toujours, les pompiers l’enveloppe dans sa couverture et le remette à la mère de mon mari, qui ne sait pas ce qui s’est passé, on lui a juste demandé de venir chez sa fille, elle n’a pas le droit d’entrer dans la maison…les gendarmes lui disent « condoléances, madame, vous ne pouvez entrer sur le lieu du crime » elle veut voir sa fille, mais non elle doit partir, elle est sous le choc .
Elle doit donc partir avec son « paquet », l’enfant ne se réveillera que le lendemain chez sa mamie, il ne verra plus sa maman, et son père est en prison.
Le logement est fermé sous scellés pendant 7 mois, tel que, ...je vous laisse imaginer…l’enfant ne peut rien récupérer, vêtements, jouets carnet de santé…rien- on doit filer au magasin tout lui racheter de A à Z ! on ne sait rien de ses traitements médicaux qui sont nombreux (asthme, allergies etc…)
On le met quand même à l’école pour ne pas trop bouleverser son quotidien, puis une psychologue scolaire nous rencontre pour préparer ensemble ce qu’on va lui dire : on décide vu son âge « pas de violence –dispute de papa maman –mauvais geste de papa –il n’a pas fait exprès…puis lorsqu’il grandira on étoffera ce discours »-
Aujourd’hui il sait tout, il est passait par différentes phases, terreurs/angoisses nocturnes, énurésie, boulimie il est devenu obèse - il est toujours suivi par un pedo psy-et différents travailleurs sociaux
Dernier coup dur pour lui, il rendait visite à son père une fois par mois…sans vraiment en avoir envie, mais il le faisait.
Puis la veille de sa visite il y a un mois, il apprend que son père a demandé un transfert, il est aujourd’hui à 900kms de là…son père étant un prisonnier modèle on lui a accordé sa demande d'aller dans le sud de la france, pour préparer son avenir après la prison ! l’enfant recommence les troubles alimentaires, je pense qu’il se sent abandonné par son père : il nous dit « je m’en fous, ça me soulage de ne plus devoir aller le voir… » nous on ne sait pas quoi lui dire…


La liberté rend égaux tous les êtres
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Re: Dommages collatéraux de la violence conjugale-le deuil impossible-

Bonsoir,

Est ce que votre neveu a bénéficié ou pas d'un suivi qui peut être proposé ds le situations post-traumatiques ?? Les effets pathogènes ds votre famille ont -il été évalués et avez vous aussi eu un suivi.?? Le traumatisme est tel qui'l est nécessaire de vous faire aider.
Il était nécessaire de lui dire les faits, dans ce qu'ils ont d'infiniment douloureux.Une association "Vivre son deuil" lieu d'écoute anonyme et gratuit pourrait vous aider aussi.


Nicole ROBBERECHTS
Psychologue-Psychanalyste
Paris -0624611082

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