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 articles :

Traversées de la mélancolie ou la sublimation brisée

" Le beau n'est que le commencement du terrible, que nous supportons tout juste, et que nous admirons, parce que longanime il dédaigne de nous détruire » Reiner Maria Rilke
Le pari et l’enjeu de ce chapitre sont les suivants : discuter les modèles conventionnels de la sublimation.
Le postulat freudien de la transformation d'une activité sexuelle en activité sublimée, qui retient essentiellement la désexualisation du but et la valorisation sociale de l’objet, devient davantage compréhensible avec l'introduction de la notion de narcissisme. La désexualisation n'est pas l'œuvre du refoulement. Il s'agit d'un mécanisme spécifique à la sublimation. Le Moi est conçu, à partir de 1923, comme le topos d'une énergie désexualisée et sublimée qui peut se déplacer sur des activités artistiques, sociales et/ou intellectuelles. Ce processus rend compte d'activités apparemment sans rapport avec la sexualité, mais qui trouvent leur ressort dans la force de la pulsion sexuelle. Il n'y a ni retranchement, ni inhibition de la force sexuelle de la pulsion, mais usage de cette force vers des buts dont les modèles restent chez Freud l'activité artistique et la réflexion intellectuelle. Le but et l'objet pulsionnels sont donc modifiés. La sublimation est une notion qui permet à Freud de construire une hypothèse portant sur la façon dont le pulsionnel se met au service du "travail de la culture". La théorie de la sublimation est restée inachevée. En effet, la notion d’une réussite ou d’une reconnaissance sociale de ce qui est sublimé peut faire de la sublimation un destin de la pulsion qui se met en accord avec les impératifs propres au Surmoi dans son lien à l’idéal. La sublimation comme destin du pulsionnel ne subsumeraient pas tout le champ de la création, en tant que cette dernière est aussi souvenance de la rencontre avec la Chose, avec le réel, dans l’éclat vif de l’angoisse. Il se trouve, de plus, que la dimension de la création à laquelle semblent voués nombre de patients en psychose interroge autrement la sublimation que le modèle trop en place de la sublimation dans la névrose. Le mouvement psychotique dans la sublimation serait l’inverse, il ne se tiendrait plus dans un déplacement de but par rapport à un objet mais inscrirait un déplacement de l’angoisse du corps propre vers l’objet.
Nous n’écrirons pas ici un texte de psychopathologie, et si nous prenons appui, tout au long de ce travail, sur des œuvres artistiques, littéraires et picturales, ce n’est pas dans le vain objectif de catégoriser des structures subjectives. Il s’agit plutôt de serrer ce qu’est la création dans son rapport avec le Réel, dans sa souvenance de la Chose donc, en tant que la Chose insiste, échappe, et qu’elle est un savoir qui rend opaque le corps du sujet.

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Batailles nocturnes dans les maisons closes, approche anthropologiques et psychanalytique de l'univers onirique des prostituées de Bolivie

Dans les maisons closes de Bolivie, le diable s'appelle Tio. Il se dédie à s'approprier du corps et des âmes des femmes. Cette expérience, qui accompagne l'apprentissage féminin de la prostitution, se fonde sur l'intériorisation d'un corpus narratif érotique qui met en scène des rencontres oniriques avec le diable. Des relations sexuelles menant à l’heureuse jouissance de la femme, généreusement rémunérées, et le marquage (bleus, traces de doigts et de fouet, etc.) du corps de la rêveuse en constituent le dénouement le plus fréquent. D'autres récits, en revanche, parlent de viol, de harcèlement, ou de mariage diabolique. Nous les avons complétés par des récits d'expériences éveillées qui renvoient aux mêmes fictions sociales A la croisée de l'anthropologie et de la psychanalyse[1], tous peuvent s'appréhender du point de vue de la construction sociale de l'expérience de la prostitution et sa gestion psychique. L’apport de la lecture psychanalyste semble légitime, car il est question du rapport du sujet au sens que peut prendre pour lui le rapport sexuel. Le psychanalyste portera son intérêt aux opérations par lesquelles le « Tio » se fait place dans la scène subjective. Figure mythique le Tio est un masque, une création qui vient pallier un manque, crée une nostalgie et, s’il n’est pas décomplété dans une négociation et une lutte, devient agent d’une duperie. Pour autant la méthode psychanalytique qui considère les associations verbales « librement » produites par ce que le rêveur peut associer à partir de son rêve est loin d’être dépliée dans cette recherche. Aussi la lecture psychanalytique se limitera-t-elle à l’application de grilles interprétatives qui vont jouer à partir du moment où le choix méthodologique fait de ces récits de rêve un matériel bi-face. Soit d’une part, ce qui dans la restitution de ces récits (car nous n’atteindrons jamais le rêve en tant que tel) met en avant des scénarii et des archétypes culturels et sociaux qui fournissent de l’identité et de l’altérité conventionnelle et normativante. En ce sens, le chercheur aimera trouver en de tels récits la marque d’une internalisation de schémas fictionnels qui donnent enveloppe et contour au commerce du sexe et à la circulation de l’argent dans ses maisons closes. Faire de tel rêve est le signe que la rêveuse fait partie d’un ensemble « féminin », ensemble surcodé dans son traitement de la différence des sexes et des jouissances sexuelles, dans un monde très codifié. Mais, d’autre part, dès que le psychanalyste considère ces images du rêve et envisage la nervure fictive qui les plie en autant de récits typiques et groupaux, il s’arme de quelques-uns des plus solides enseignements de Freud, et il va alors aboutir sans trop de peine à la conclusion qu’un archétype rêvé se décompose et se déconstruit dans les logiques de la condensation et du déplacement. Qu’impliquent ici l’utilisation de ces termes canoniques des thèses de Freud portant sur le récit de rêve et son interprétation ? D’abord sera mis en valeur le fait qu’une figure que l’ethnographe ne manque pas d’entrevoir q’un motif envisagé dans sa compacte unicité d’archétype groupal - le diable, le « Tio », en la circonstance- est souvent psychiquement sise au carrefour de plusieurs lignées associatives qui ne se réfèrent pas toutes à une modalité toute masculine du sexuel, le diable n’est pas que le « surmâle », pourrions nous dire paraphrasant Jarry, sous son lustre, son faste et sa mascarade d’homme incastré il met au jour, nous le verrons, des séductions plus archaïques et bien peu phalliques. Par la suite, nous insisterons sur ce que les récits tiennent pour peu, soit les détails, tant les informations inconscientes les plus décisives et les plus scandaleuses aussi souvent gîtent dans des détails.

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Intervention au Colloque réciproques

Merci aux organisateurs de m’avoir invité.J'ai un topo écrit mais je n'en ferai pas un large usage ; ici nous sommes entre amis et je prèfère improviser et tenir compte de ce que je vis avec vous quand je vous parle pour guider ma parlote. C'est ma petite touche jazz. Ce sera moins ennuyeux que de voir un type lire son truc.

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La Citation de Psychanalyse
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