Et cela commence dès la grossesse. Si l'on devait dresser une liste de motivations qui amènent les parents à consulter avec leur enfant, pour eux et pour leur enfant, il serait bon de noter que ces dernières changent avec l'âge de l'enfant.

Dès la grossesse, la mère peut être amenée à consulter pour plusieurs raisons, le déni de grossesse, la crainte de perdre ( dans tous les sens du terme ) l'enfant, peut constituer un frein à l'épanouissement de la mère dans sa grossesse, donc dans son désir. Ce cas est très fréquent, cela se traduit souvent par une peur panique du terme et de l'accouchement ou encore une impatience incontrôlable de la présence de l'enfant. On peut aussi observer régulièrement un refus inconscient de devenir mère, même si le désir conscient est présent : ce dernier se traduit très souvent par un refus total d'une quelconque possibilité/projection d'allaiter.

A cela fait suite le baby blues, souvent accompagné de culpabilité. Puis viennent les problèmes d'endormissement de l'enfant qui entachent tout le bien-être de la famille car ils engendrent fatigue, agressivité, colère, impuissance et culpabilité. A partir de deux ans, la socialisation rentre en ligne de compte, certains enfants mordent, violentent, tapent et hurlent lorsque ils sont en compagnie de leurs pairs ( halte garderie, crèches, écoles ). L'enfant de cet âge est aussi amené à rencontrer ses peurs et ne sait pas forcément les assumer, les confronter, les gérer, c'est alors que peuvent survenir les peurs paniques, les craintes, les réveils nocturnes dits peurs nocturnes, ou encore les cauchemars. Nous n'appellerons pas cela phobie, car même si elles pourraient le devenir, ces craintes ne sont alors que des peurs totalement surmontables si bien comprises et bien accompagnées.

Le rôle des parents (comme dans tous les autres secteurs mais plus particulièrement dans celui ci), est essentiel. L'enfant qui présente ce symptôme est bien souvent un enfant lié à ses parents de façon fusionnelle. Dans ce cas, c'est aux parents d'exprimer leur craintes quant à la peur de perdre leur enfant par exemple ou la difficulté de l'avoir eu ...

En dernier plan, et cela a été mis en avant avec l'émission de "super nanny" à la télévision entre autres, j'ai envie de dire, le phénomène de "l'enfant roi", intolérant, incompréhensif, sans aucune empathie, ce petit monstre qui dicte sa loi au sein de sa famille et ce, sans vergogne. Les parents sont démunis, fatigués et ont peur de la désobéissance de leur rejeton si bien que c'est l'enfant qui en vient à tout décider dans la maison. Dans ce cas, plusieurs problématiques peuvent être à l'origine de cette souffrance. Car il s'agit bien là d'une souffrance.
  • Les parents sont âgés et considèrent leur petit dieu comme étant l'élu de la famille
  • il est issu d'une famille nombreuse, ou d'une famille où il n'a pas trouvé SA place
  • Les parents n'ont eux-même pas de limites ou n'en ont pas eu lorsqu'ils étaient enfants
  • Famille mono-parentale, donc pas de triangulation pour appuyer, calmer voire tempérer les colères.
  • Les parents ont souffert pour réussir à avoir cet enfant ( enfant très/trop désiré ) fécondation assistée...
  • l'enfant a eu un problème à la naissance qui a mis sa vie en péril, il est donc considéré comme un survivant ...
  • parents divorcés depuis peu et s'arrachant la garde et l'amour de leur enfant.
Bien sur, cette liste n'est pas exhaustive mais résume assez bien les possibles provenances de ce dernier cas de figure. Pour ce dernier volet concernant les touts petits, on me consulte en général en tant que "coach parental". Ce terme, que je qualifierais purement "bateau/valise" fait la une des journaux depuis l'arrivée de cette mise en évidence de quelque difficultés d'apprentissage éducationnel des touts petits mais aussi des plus grands. Il est important de préciser qu'à l'encontre de ce que démontre ce média précité, il va de soi que le psychanalyste ne se substitue en aucun cas aux parents ou aux rôles qu'ils sont censés mener et apporter à l'enfant.

Car même si, certains parents préfèrent faire appel à la coach parental, plutôt qu'à la psychanalyste, Il ne s'agit pas là de coaching à proprement dit mais bel et bien de psychanalyse. Mais alors, pourquoi "emprunter/utiliser/arborer" ce terme ?

Pour plusieurs raisons. La première consiste à atténuer la crainte que peut avoir les parents de consulter un thérapeute. La seconde est essentielle, elle consiste à essayer de ne pas faire rentrer l'enfant en thérapie, car si l'enfant consulte, ceci signifie qu'il est en souffrance, si l'on peut découvrir la problématique au sein de la famille sans amener l'enfant à consulter alors on le préserve. En m'adressant en tant que "coach" aux parents; ils s'adressent aussi à moi pour obtenir de l'aide concrète. Je me place alors en tant "qu'éducatrice" de parents, en les écoutant et en leur fournissant quelques clés fondamentales. L'intervention d'un tiers au sein d'une famille n'est vraiment pas souhaitable surtout lorsqu'il est ressentis par l'enfant comme une bouée de sauvetage.

Donc gare au super nanny qui vont fleurir à tout va durant les 5 prochaines années … Quant aux psychanalystes, je me permettrais de préciser qu'il ne s'agit pas là de consulter dès la moindre difficultés, dès le moindre bobo. L'intervention d'un psychanalyste n'est jamais anodin dans le parcours d'une vie et c'est la raison pour laquelle j'inciterais les mamans à n'utiliser ce possible que lorsque toute la famille a murement réfléchi à ce désir de consulter. De toute façon, les mamans le savent très bien, la plupart, me disent souvent en introduction, nous avons longuement hésité avant de vous téléphoner car on voulait pas trop consulter un psy pour notre enfant, mais... Et comme d'habitude , elles ont raison...

Cela dit, les cures avec les enfants ne sont jamais très longues, c'est aussi pour cela qu'elles sont à tords ou à raison assimilé aux coaching. Je n'ai jamais encore dépassé six mois de séances avec un petit patient. Bien souvent, le problème se règle entre deux à 4 séances mais il n'est pas rarissime que tout soit rentré dans l'ordre en une à deux séances. Le tarif des séances est fixé au téléphone avec le parent demandeur, il est en général de 45€ la séance et ce, dès la première séance. Bien sur, je précise en général car le parent peut exprimer un tarif qui lui est possible en fonction de ses besoins si difficultés.

J'ai envie de dire qu'il ne faut pas s'étonner de la rapidité de la cure, car l'enfant sait la raison pour laquelle il est là contrairement à beaucoup d'adultes qui le découvrent bien plus tard ... entre autres.

D'ailleurs, plus l'enfant est grand et plus cela prend du temps. On observe que les deux trois séances suffisantes au moins de 5 ans ne sont plus assez nombreuses au plus de 10 ans où 5 à 6 séances sont déjà plus courantes... A cet âge, on retrouve les même motifs que chez les touts-petits mais à une autre échelle. A l'agressivité et les peurs viennent se greffer l'échec scolaire, les projections polluantes des camarades et des parents proches et lointains qui forment le groupe et la famille ainsi que les troubles du langages et les TOC autrement appelés tic.

Mon approche concernant l'enfant, bien qu'adaptée à l'âge , reste la même. Mon recul, mon écoute, mais aussi ma voie qui se veut chaleureuse et douce n'est en aucun cas neutre, je ne laisse pas l'enfant face à lui-même dans sa douleur mais me positionne avec lui comme possible support à la résolution de ses tracas.

Il doit donc se servir de moi pour comprendre, avancer dans sa problématique. L'enfant est alors avec moi et je suis avec lui, à l'écoute de mon inconscient, mais aussi très attentive au moindre message. J'observe, je dirais même que je scrute et ce pendant environ vingt minutes. On peut jouer ensemble à la pâte à modeler, au bac à sable, ou encore dessiner, mais ce n'est pas du tout ce qui m'importe le plus. En revanche, cela aide souvent l'enfant à clarifier ses propos.

En général, j'essaye d'en savoir le moins possible sur l'enfant au téléphone avec les parents afin d'être sans "historique" face à notre rencontre, puis je fais rentrer les parents en accord avec leur enfant. Cela me permet d'avoir rencontré l'être avant la problématique qu'on lui attribue ou qui le compose et de confronter les parents à l'enfant et à leur soucis communs. La fin de la cure est toujours soldée par le fait que, aussi bien ses parents que l'enfant, expriment un mieux être, un mieux aller, un mieux devenir.

Je reste à disposition de l'enfant et lui ouvre la possibilité de demander à me revoir auprès de ses parents si besoin lors d'un dernier entretien.
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